À la découverte de l’informatique dans les nuages avec Seafile

Bonjour,

Quand j’étais petit, je me souviens que la télévision en noir et blanc ne diffusait que trois chaînes : TF1, Antenne 2 et FR3. Dans le temps, y’avait pas Linternet et c’était pas plus mal comme ça. On manquait de rien. On était heureux comme tout.

On partait jamais en vacances. On passait nos étés à battre le blé au fléau avant de le vanner mais on manquait de rien, on était vrai heureux. À Noël, quelle joie de découvrir dans mon sabot une orange que je partageais avec mes douze frères et soeurs. Le soir du réveillon, on écoutait Tino Rossi sur un vieux mange-disques mais pas trop longtemps pour pas user les piles. À minuit, on allait à la messe de minuit avec Jacquou le croquant, notre voisin qui avait été amputé des deux jambes après avoir sauté sur une mine en Indochine. C’était le bon temps.

Les téléphones n’étaient pas portatifs mais on manquait de rien, on était heureux comme tout. À la télé, tous les morveux regardaient Le Village dans les nuages. C’était une série avec des extrathérèses réfugiés dans le hameau du Glaude et du Bombé. C’était poilant! Qu’est-ce qu’on était heureux de manquer de rien!

Aujourd’hui, à cause du réchauffement climatique, le ciel est aussi bleu qu’un monochrome d’Yves Klein et il n’y a plus de village dans les nuages. Cela dit, l’esprit de ce lieu singulier n’a pas complètement disparu puisque de nos jours, il n’est pas rare de stocker ses données personnelles dans un nuage. On appelle ça l’informatique en nuage ou cloud computing en anglais. D’aucuns prétendent qu’il s’agit d’informatique dématérialisée mais c’est une illusion! Les données sont, de toute façon stockées quelques part, que ce soit sur un strato-cumulus, au fond d’une mine, dans le cul d’une vache ou bien dans un Raspberry pi!

Tiens justement, pour mes dernières vacances en France, j’ai eu la bonne idée d’emporter mon Raspberry pi. Il se trouve que j’ai également acheté le magazine Linux inside consacré à ce drôle de petit ordinateur. Au passage, je suis moyennement satisfait de mon acquisition. Je trouve que les tutoriaux sont parfois d’une précision toute relative (en termes de pédagogie). À 12,90€, je m’attendais quand-même à quelque chose de plus consistant. Notez qu’il est fort possible que ce soit aussi mon cerveau qui soit d’une précision toute relative.

rasp_guide

Bref, je suis tombé sur un tuto qui explique comment transformer son « Rasp » en nuage avec Owncloud. Je me suis lancé dans l’aventure et après moult déboires, j’ai réussi à créer mon propre nuage sur mon propre serveur. Cerise sur le gâteau, les données étaient stockées non pas sur la carte micro-SD du Raspberry mais déportées sur une clé USB de 31 GO. La grande classe!

Sauf que le nuage owncloud, je le trouvais bien lourd à l’usage. Le téléversement de mes documents prenaient des plombes, à tel point que je n’ai même pas osé essayer avec des images. J’avais grand peur de faire fondre mon rasp! Était-ce la faute d’Owncloud ou du Raspberry? Je ne saurai jamais le fin mot de l’histoire puisque tout a planté après quelques jours d’utilisation. Je me suis retrouvé devant une page blanche et d’une certaine manière, j’étais soulagé. Pour celles et ceux que ça intéresse quand-même, voici le tutoriel que j’ai suivi pour installer owncloud :

https://www.digitalocean.com/community/tutorials/how-to-install-and-configure-owncloud-on-ubuntu-16-04

Installation de Seafile

Je me suis donc mis en quête de solutions alternatives et j’ai jeté mon dévolu sur Seafile, un cloud certes un peu plus modeste en termes de capacités mais qui me comble de joie. Pour ce faire, j’ai utilisé ce tutoriel :

http://www.pihomeserver.fr/2014/09/24/raspberry-pi-home-server-hebergement-fichier-seafile/

Comme l’auteur l’explique à la fin, pour démarrer le serveur Seafile, il faut entrer cette commande :

seafile.sh start

Il faut également démarrer la partie hub qui permet les connexions :

seahub.sh start

N’ayant nullement envie d’entrer ces deux commandes à chaque connexion, je les ai paramétrées dans l’onglet Applications au démarrage d’Ubuntu Mate (le système d’exploitation de mon raspberry) afin qu’elles se lancent automatiquement à l’ouverture de session. Attention toutefois de ne pas lancer la commande Seahub en même temps que la commande Seafile! Ça ne fonctionnera pas. Il faut la lancer avec un léger temps de retard. Pour ma part, j’ai choisi soixante secondes.

Donc, pour résumer, ça nous donne ceci :

Système > Préférences > Personnel >Applications au démarrage

  • Démarrage de Seafile à l’ouverture de session :
/home/ordinosor/seafile-server-3.1.6/seafile.sh start
  • Démarrage de Seahub 60 secondes après l’ouverture de session :
sh -c "sleep 60; /home/ordinosor/seafile-server-3.1.6/seahub.sh start"

L’interface graphique de Seafile

Si tout s’est déroulé comme prévu, vous allez arriver sur une page qui vous invitera à vous connecter et à profiter pleinement des fonctionnalités de votre cumulo-nimbus. Le téléversement des documents est très rapide (grâce au glisser-déposer), le téléchargement aussi.

 

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Petit bémol toutefois par rapport à owncloud, il n’y a pas d’extensions telles qu’un agenda ou un répertoire d’adresses téléphoniques. Je souhaiterais également déporter les données sur une clé USB de 30 GO pour avoir plus d’espace de stockage mais je n’ai toujours pas réussi à venir à bout de cette opération. Il faut dire aussi que je n’ai pas encore essayé.

En tout cas, je suis tout à fait satisfait de mon nouveau cumulo-nimbus!

seafile_2
C’est moi…

La dame blanche de la forêt de Ragounite

Hier, figurez-vous que nous étions en vadrouille du côté de Jard-sur-Mer en Vendée et il nous est arrivé une drôle d’aventure.

À la recherche d’une plage où poser nos serviettes, nous nous égarâmes quelque peu et soudain, le moteur de notre voiture se mit à toussoter avant de caler aux abords de la plage de Ragounite.

IMG_2441.JPG

Ragounite…Quel nom étrange! Aussi loin que portait notre regard, il n’y avait pas âme qui vive. Pas d’enfants s’égayant sur la plage. Comment diable était-ce possible, en ce début de mois de Juillet?

IMG_2427

Tout semblait figé… L’océan était silencieux, la chaleur accablante.  Et cette voiture qui ne voulait plus démarrer! Ces voyants qui restaient désespérément éteints… Dans quelle mystérieuse dimension avions-nous chu? Nous nous résignâmes à abandonner notre véhicule devenue un four. Il faisait une chaleur abominable. Je pris mon sac à dos, deux bouteilles d’eau et nous nous enfoncâmes dans les entrailles de cette forêt qui nous tendait les branches.

IMG_2436

Nous marchâmes une bonne demi-heure sans croiser âme qui vive, au milieu de souches ressemblant à des monstres aliens. Les arbres aux branches tordues n’étaient que souffrance.

IMG_2426

Nous arrivâmes à un embranchement où un banc semblait nous attendre. Il était décoré de petites fleurs et portait cette mystérieuse inscription :

Tu n’es pas là et je pense à toi. J’ai tes yeux en face des miens.

IMG_2430

IMG_2431

Nous n’osâmes pas nous asseoir. Nous préférâmes continuer notre chemin tandis que petit à petit, l’angoisse nous gagnait à l’idée d’être prisonniers de cette forêt sinistre sans plus jamais pouvoir en réchapper.

IMG_2423.JPG

C’est alors que nous l’aperçûmes, aux abords de cette cabane faite de grosses branches que les tempêtes avaient arrachées. Toute de blanc vêtue, à l’exception de son t-shirt rose bonbon et de sa longue jupe noire, elle nous fixait de son regard hypnotique. Sa bouche n’était qu’un rictus informe, ses dents des chicots noircis. Elle avança lentement dans notre direction en nous tendant ses bras qui se résumaient à deux moignons couverts de pus. Elle semblait flotter à quelques centimètres du sol.

Ma raison vacilla. Je me retournai vers celle qui partage ma vie et m’écriai : « Tu fais ce que tu veux! Moi, j’me casse! » N’écoutant que mon courage, je pris mes jambes à mon cou et je détalai comme un petit lapin.

Mais ma fuite était vaine… La dame blanche qui flottait au-dessus du sol, tel un hydroglisseur, gagnait du terrain. Je l’entendais de plus en plus distinctement qui me hélait de sa voix d’outre-tombe :

« Beee-noîîît… »

« Beee-noîîît… »

« Beee-noîîît… »

« Beee-noîîît… »

………….

« Benoît »! Benoît!

« Hein! quoi? qui? »

« On y va, mon poussin? »

« Aaaahh! Pitié! Laissez-moi tranquille! Au secours! Au secours! »

« Non mais ça va pas la tête! Qu’est-ce qui te prends? C’est le soleil qui te tape sur le système? La prochaine fois, tu prendras un chapeau! »

« Elle est où la vieille? »

« Bon, allez! Ça suffit comme ça, on y va! Ça fait deux heures qu’on est sur cette plage, étalés sur nos serviettes. Moi, j’ai chaud! Le sable est brûlant et en plus tu ronfles. Tous les voisins nous regardent. Tu fais ce que tu veux! Moi je me casse… »

« Attends-moi, pupuce… »